Si cette Lettre ne s'affiche pas correctement, cliquez ici pour la lire.
  Logo Point-Afrique

SOMMAIRE

3 ans pour sauver le monde

Trois ans pour sauver le monde?

«C’est maintenant! 3 ans pour sauver le monde»
Jean-Marc Jancovici, Alain Grandjean, Seuil, 2009

Sous ce titre quelque peu racoleur (et une couverture franchement hideuse) se cache l’un des ouvrages les plus clairvoyants qui aient été récemment consacrés aux défis écologiques que nous devons dès maintenant affronter. Toute la force de cet ouvrage vient de l’extrême clarté dans laquelle sont définis les enjeux planétaires contemporains, et du courage avec lequel Jancovici leur apporte des réponses, à la fois passablement rugueuses et extrêmement réalistes.

Le rappel des enjeux est d’une limpidité exemplaire. Nous vivons dans un monde physique, dont l’équilibre conditionne notre survie. Une évidence? certes, mais qui implique que toutes les constructions mentales de l’humanité, aussi admirables soit-elles, dépendent pour leur existence même des lois physiques connues. Il n’y a par exemple pas de théorie de la monnaie qui tienne sur une planète dont la température moyenne s’élèverait de trois degrés.

En second lieu, ce monde physique est fini. Le constat, qui apparaissait encore impensable il y a un siècle, a une signification précise: les ressources naturelles constituent un stock fini, dans lequel il est suicidaire de puiser indéfiniment comme s’il était inépuisable. Les ressources minières (incluant le pétrole, le charbon, le gaz...) ne se renouvelleront pas - pas à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Les ressources biologiques elles-mêmes, lorsqu’elles sont soumises à une trop forte pression prédatrice, n’ont plus ni le temps matériel, ni la variabilité génétique suffisantes pour se renouveler.

Troisième idée-force, et c’est le cas de le dire: l’énergie est au cœur du projet de toute société, car c’est elle qui rend possible l’ambition, fondamentalement humaine, de transformation du monde. Les problèmes environnementaux actuels, et plus particulièrement la lancinante question des gaz à effet de serre, ne peuvent être dissociés d’une réflexion globale sur l’accès à l’énergie et les fins auxquelles elle est employée.

Consommation mondiale d'énergie

Enfin, ce n’est pas le moindre mérite de J. de rappeler que l’objectif fondamental n’est rien d’autre que la préservation de la paix sur la planète. Objectif au regard duquel les querelles byzantines et les disputes de clocher sont parfaitement dérisoires.

Disons-le d’emblée: ce livre ne plaira à personne. Ni aux économistes distingués, auxquels ils rappelle à quel point leurs savantes théories sont entachées d’une cécité rédhibitoire: celle de n’avoir jamais pris en compte - donc valorisé - des ressources naturelles toujours considérées comme gratuites et inépuisables. Ni parmi eux, aux fervents prosélytes de l’économie de marché et du libéralisme à tout crin, lorsqu’il démontre que cette approche est tout simplement inefficace au regard des enjeux que l’on vient d’évoquer. Mais il ne plaira pas davantage aux altermondialistes, que heurtera à coup sûr son vibrant plaidoyer pour le maintien et le renforcement d’organisations supranationales telles que l’O.M.C. Ni aux écologistes, quand il défend (dans une certaine mesure) le nucléaire ou condamne l’éolien. Et encore moins aux hommes politiques de tous bords, dont le manque de culture scientifique est pointé du doigt de manière cinglante.

Il ne plaira surtout pas au consommateur que, paraît-il, nous incarnons tous. Et qu’il accuse, non sans raison, de confondre ses besoins (qui ne représentent que 10% de la consommation mondiale) et ses désirs. Consommateur qui risque d’avoir quelque difficulté à déglutir à la lecture des lignes suivantes:

«On peut manger des lentilles, dormir sur un simple matelas dans une chambre non chauffée, se laver avec un litre d’eau, remplacer les vacances au Maroc par un séjour à la campagne sous la tente, et supprimer du jour au lendemain sa consommation de bœuf.» (p. 218)

Non, décidément, ce livre ne plaira à personne. A fortiori lorsqu’il pointe, avec une acuité impitoyable tout au long d’un chapitre, les excellentes raisons que nous nous trouvons tous pour «refuser de croire ce que nous savons» et nous vautrer dans la procrastination, qu’il s’agisse du court-termisme ambiant qu’entretiennent puissamment publicité et crédit, du paradigme de la vitesse et de l’abolition des distances sur lequel s’est construite notre supposée modernité, de notre individualisme effréné que ne cesse de porter aux nues un libéralisme toujours plus autiste et qui nous a fait perdre de vue l’objectif majeur du bien-être collectif, de notre croyance magique dans la technologie «qui finira bien par trouver une solution» (et que se passera-t-il si d’aventure, elle n’en trouve pas?), ou encore de la démission d’un personnel politique qui a renoncé à son libre-arbitre «pour appliquer à la lettre l’opinion majoritaire» (p. 77).

Dès lors, on se prend à rêver... Car voilà enfin une analyse peu suspecte de rouler pour telle ou telle chapelle, pour tel ou tel lobby: une analyse informée, lucide, courageuse. Qui, ne plaisant à personne, pourrait bien mettre tout le monde d’accord. Qui se situe aux antipodes de la délectation morose dans le catastrophisme: à chaque problème posé - et, pensons-nous, correctement posé -, Jancovici apporte des éléments de solutions. Concrets, réalistes - pour autant que le réalisme ne se limite pas à prendre acte de la situation contingente actuelle. Car il faut souligner avec force la formidable volonté des auteurs de trouver une issue aux maux du siècle, leur inébranlable conviction que «vouloir, c’est pouvoir» (titre du cinquième chapitre), leur refus obstiné du fatalisme ou du laisser-faire. On sort de ce livre ébranlé, certes (au moins l’une de nos convictions aura volé en éclats), mais paradoxalement ragaillardis. Et désireux de retrousser ses manches.

Et Point-Afrique, dans tout ça?

Inutile de dire qu’au sein de notre modeste coopérative de voyageurs, ce livre fait profondément débat. Ce n’est pas sans frémir, en effet, que l’on lit les propos suivants, consacrés à l’industrie aéronautique:

«Chez eux [les constructeurs d’avions], on entend encore qu’il y aura du pétrole à satiété, puisque les gens veulent voyager (et qu’il ne saurait être question de décevoir le client), et que le climat ayant changé avant nous, il est normal qu’il continue à changer aujourd’hui. (...) Faire voler beaucoup d’avions avec de prix aussi ridiculement bas qu’aujourd’hui ne sera plus possible une fois passé le pic de production des hydrocarbures. Et arrêter de voler a quelque chose d’insupportable, puisque voler, c’est l’aboutissement d’un rêve... Même s’il est évident que le transport aérien de masse n’a pas d’avenir comme activité commerciale ordinaire dans un monde où le prix de l’énergie monte rapidement, il est difficile de savoir si cette industrie souffrira plus ou moins vite que les autres tant l’irrationnel y règne en maître.» (p. 36)

Dès lors que les chiffres sur lesquels s’appuient cette analyse apparaissent difficilement contestables, comment penser encore le voyage dans le monde de demain? Nous n’avons évidemment pas de solution miracle ; néanmoins, quelques pistes émergent, que nous vous livrons ici:

  • Si nous ne croyons pas («nous ne croyons plus» serait une formulation plus exacte) à un hypothétique «droit au voyage», vu comme un libre-arbitre consumériste qui sacrifierait sur l’autel de la jouissance immédiate toutes les conséquences (très désagréables) de son exercice, nous pensons néanmoins que le désir d’aller à la rencontre des autres, dans un esprit d’écoute et d’humilité, reste légitime;
  • Sans doute la forme que prendront les voyages de demain sera très différente de ce qu’elle est aujourd’hui. En particulier, l’appréhension du temps et de la vitesse connaitront probablement des mutations lourdes: voyager moins souvent, plus lentement et plus longtemps deviendra une tendance profonde;
  • Dans l’immédiat, l’optimisation des déplacements doit être recherchée à tout prix. C’est ce que nous faisons, en affrétant des avions plus petits, moins gourmands en énergie, et en limitant le nombre de rotations. Demain, plutôt que de proposer une programmation linéaire - une offre constante de places que vous êtes libres d’acheter ou non, ce qui conduit inévitablement à faire voler des avions peu remplis -, conviendra-t-il probablement de programmer, en amont et avec vous, les déplacements prévus pour la saison. Si le transport aérien ne souhaite pas s’écrouler totalement, il devient en effet impératif de l’optimiser, c’est-à-dire de ne faire décoller un avion que lorsqu’il est totalement rempli. Un peu un retour aux bons vieux temps originels des charters...
  • L’avion ne devra être employé que lorsqu’il est plus efficace que tout autre moyen de déplacement. C’est tout le sens de l’opération CO2 que nous lançons à partir de janvier: pour se rendre dans le sud algérien, il est bien plus efficace, en termes d’économie d’énergie et de limitation de dégagements de gaz à effet de serre, de se rendre en train jusqu’à Marseille (point géographiquement le plus proche de la destination finale sur le territoire français), plutôt que de décoller de Paris. Rappelons que sur un aller-retour Paris - Marseille, c’est 330 kg de CO2 que chaque passager économise par cette solution. Nous prenons intégralement en charge le surcoût de l’opération - surcoût qui devrait disparaître de lui-même dans un monde un peu moins incohérent;
  • A tous ceux qui seraient tentés - surtout après la lecture de l’ouvrage de Jancovici, que nous vous recommandons chaudement - de dire: c’est tout? ne faudrait-il pas réagir beaucoup plus énergiquement? (si l’on ose dire...), nous aimerions apporter une réponse positive. D’autres mutations se dessinent: en particulier, rien n’interdit de penser à une traversée de la Méditerranée par bateau, pour un décollage depuis le sol algérien...
  • Mais il importe de comprendre que Point-Afrique Voyages est également une entreprise, et, comme toutes les entreprises, elle est dépendante de sa clientèle. De vous. A ce titre, l’opération CO2 est pour nous un test crucial: ou vous avez compris les enjeux, vous vous êtes convaincus du bien-fondé de la démarche, et vous nous enverrez un signal fort en adhérant massivement à l’opération, ce qui nous poussera à aller de l’avant («les entreprises n’innovent que sous la contrainte», comme le rappelle Jancovici). Ou alors, l’opération se solde par un échec, nous obligeant à conclure que les consciences ne sont pas mûres, que notre clientèle de voyageurs n’est pas prête... et les contradictions deviendront rapidement insoutenables. «Vouloir, c’est pouvoir» est le leitmotiv bienvenu de «3 ans pour sauver le monde». Citons une dernière fois cet ouvrage:

«Un pan majeur du plan de sortie de crise concerne donc nos comportements. C’est là que réside la première variable d’ajustement: on va devoir se faire à l’idée d’être plus heureux avec moins.» (p. 219)

Fonte de la banquise

Changer de comportement, voilà la clé. Changer de comportement sans attendre que les autres le fassent, sans exciper de l’aveuglement d’autrui pour protéger son propre égoïsme. Changer de comportement pour nous donner à tous une chance de voir le soleil se lever dans quinze ans sur autre chose qu’un désert stérile et suffocant. La balle est dans votre camp: nous sommes prêts à la reprendre... au vol.

Bouteille en verre, Iran ou Irak, vers VIe siècle

Arts de l’Islam

L’Institut du Monde Arabe (I.M.A) présente depuis le mois d’octobre dernier une exposition superbe et richement dotée, intitulée «Arts de l’Islam, chefs-d’œuvre de la collection Khalili». Cette exposition présente pas moins de 471 pièces originaires de la collection de Nasser David Khalili, collectionneur fortuné, universitaire et mécène, d’origine iranienne.

Frise calligraphique en marbre, Iran, XIIIe siècle

L’I.M.A a choisi de présenter cette collection au fil de trois grands thèmes : «Foi, sagesse et destinée», «L’atelier des mécènes: califes, émirs, khans et sultans», et «Un univers de formes et de couleurs».

Le nombre de pièces exposées étant démesuré (tentures, tapis, céramiques, boiseries, manuscrits, bijoux...), il serait difficile de rendre compte de chacune. En revanche, on retiendra la multitude d’exemplaires du Coran exposée, de provenance et d’époques diverses et lointaines (certains feuillets datent d’avant le IXe siècle). De même que l’on s’attardera sur la profusion de bijoux et d’ornements de grande valeur (or, pierreries) présentés. Des objets qui, selon l’I.M.A, démontrent que les arts de l’Islam ne sont pas cantonnés au sacré, mais investissent également tous les objets profanes qui accompagnent la vie quotidienne des Musulmans, qu’ils soient originaires d’Orient, d’Inde, d’Espagne ou même de Russie ou de Chine. Car c’est ce qui frappe le plus lorsque l’on visite cette exposition: la diversité des lieux dans le monde où s’est exprimé, à travers les âges, l’art islamique.

Pions de jeu indien, Inde, XVIIIe siècle

Cette exposition mérite assurément d’être vue et revue tant elle est complète. Si vous souhaitez apprécier pleinement toute la beauté des «Arts de l’Islam», une après-midi entière à l’I.M.A sera nécessaire... C’est peut-être d’ailleurs la seule critique que l’on puisse faire: à vouloir présenter en une seule fois une collection aussi importante au public, l’IMA donne un peu l’impression de s’être noyée dans la profusion d’œuvres à sa disposition, et faute d’avoir su opérer des choix, en propose trop au visiteur, au risque - malheureusement - de l’indigestion.

«Les Arts de l’Islam»
Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés Saint-Bernard, Place Mohammed V, Paris, 5e
Métro Jussieu - Tél. : 01 40 51 38 38 ->www.imarabe.org
Sapeurs

L’univers de la Sape

Cette année, le Musée Dapper met l’homme africain à l’honneur en présentant deux superbes expositions: «L’Art d’être un homme, Afrique, Océanie» et «L’Univers de la Sape». Nous avons décidé de nous pencher sur cette dernière, en raison de l’originalité de son thème et des photos qu’elle présente.

En effet, l’exposition «L’Univers de la Sape» met en valeur le travail des photographes Héctor Mediavilla et Baudoin Mouanda, qui ont chacun à leur façon immortalisé les artistes de la Sape dans le pays d’origine de ce mouvement original, le Congo-Brazzaville. La Sape: la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes. Avez-vous déjà croisé dans les rues de Paris ces hommes d’origine africaine, vêtus de costumes de grandes marques aux couleurs criardes, chaussés de Weston pour la plupart et parés d’accessoires exubérants (chapeaux de cowboys, cigares cubains...)? Ces dandys à l’allure fière sont des Sapeurs. Les hommes qui se revendiquent de ce mouvement se sont clairement inspirés de l’art de se vêtir à l’occidentale, tout en y ajoutant leur propre touche d’originalité: la vivacité des couleurs (les costumes sont bien souvent rose, violet, rouge) alliée à la classe des coupes des plus grandes marques. A travers leurs clichés, Héctor Mediavilla et Baudoin Mouanda s’attachent à montrer les Sapeurs dans leur environnement quotidien, dans certains quartiers pauvres de Brazzaville, accompagnés de leurs enfants, vêtus - eux - très simplement. Le contraste est assez frappant. Le Sapeur peut investir toutes ses économies et celle du ménage dans l’achat de sa garde-robe!

Le Musée Dapper a organisé une rencontre avec la presse et plusieurs Sapeurs le 14 octobre dernier, qui nous a permis de rencontrer Monsieur Aliou Mangela, Sapeur d’origine congolaise résidant à Paris. Le musée prévoit également les 27, 28 et 29 novembre prochain un grand week-end de la Sape, auquel nous vous conseillons vivement d’assister, avec au programme: une présentation de l’univers de la Sape par Brice Ahounou, journaliste et anthropologue, qui retracera l’histoire de ce mouvement; une rencontre avec Alain Mabanckou (le célèbre écrivain auteur de «Verre cassé» et des «Mémoires d’un porc-épic», originaire lui aussi du Congo Brazzaville) qui a beaucoup écrit sur la Sape, et Djo Balard, à qui on a accordé le titre de «Roi de la Sape»; la projection du film «La Vie est belle» de Benoît Lamy et Mwézé Ngangura, avec Papa Wemba, musicien congolais que l’on ne présente plus! (cf. infra)

«L’Univers de la Sape»
Musée Dapper - 35 bis Rue Paul Valéry- Paris, 16e
Du 15 octobre 2009 au 11 juillet 2010 - Tarif: 6 €
-> Renseignements : 01 45 00 91 75 www.dapper.com.fr
 

L’Afrika N’Reggae Live FesTival

L’association Vent d’échange, établie entre Toulouse et Ouagadougou, soutient les artistes émergents du Burkina Faso. Elle a réussi à mettre en place, depuis sa création en 1999, un véritable réseau d’artistes africains dans le but de maintenir vivante la scène du spectacle en Afrique.

Afrika N’Reggae Live FesTival

Pour cela, Vent d’échange collabore avec des professionnels du monde musical (salles, producteurs, techniciens, studios...) et permet ainsi aux artistes africains de réaliser des maquettes d’albums, des résidences artistiques et surtout de se produire sur scène, ce qui est primordial pour tout musicien mais pas évident pour les artistes africains. L’association organise pour la première fois cette année «L’AfriKa N'Reggae Live FesTival» à Ouagadougou, toujours dans cette volonté de défendre des artistes locaux de qualité et porteurs de messages forts. Le festival aura lieu dans toute la ville de Ouagadougou et sera axé principalement autour de trois grandes soirées de concerts les 5, 12 et 19 décembre. Pendant toute la durée du festival, l’association organisera également des conférences-débats ( les «Arbres à Palabres»), des projections de films, des stages artistiques (percussions, gospel) ainsi qu’un village artisanal et associatif. La première édition de ce festival correspond simultanément à la sortie nationale et internationale de la compilation «Gang Rebel du Faso, volume 2», mettant en avant des artistes de la scène locale, et celle de l’album de l’artiste d’origine congo-ivoirienne parrain du projet, Bingui Jaa Jammy, «Ligne de front».

Pour cette première édition, Vent d’échange accueillera sur scène les artistes de la compilation, bien évidemment, mais aussi des invités internationaux de choix, tels que Jean-Paul Wabotaï (Congo), surnommé «la Voix d’or d’Afrique», le chanteur de gospel Emmanuel Djob (Cameroun) ou encore Brother Sam Clayton des Mystic Revelation of Rastafari (Jamaïque). Avec une telle affiche, la première édition de «L’AfriKa N'Reggae Live FesTival» devrait être un franc succès!

«L’AfriKa N'Reggae Live FesTival», Ouagadougou, Burkina-Faso, du 5 au 19 décembre 2009.
-> www.myspace.com/gangrebel
Cinéma(s) d’Algérie à Marseille La vie est belle Abouna

Du cinéma du Sud pour réchauffer l’automne

Il est des cinémas marginalisés, peu visibles mais pourtant bien vivants sur le continent africain. Certaines initiatives leur sont consacrées. Aperçu de quelques manifestations qui mettent un peu de la chaleur d’Afrique sur les écrans de cet automne.

Cinéma(s) d’Algérie à Marseille

La première se déroule à Marseille depuis le 5 novembre et jusqu’au 6 décembre au Cinéma des Variétés et dans huit villes de la région PACA. Après le cinéma du Maroc, de Tunisie, de Syrie et de Palestine, l’Aflam, fidèle à sa démarche de diffusion des cinémas arabes, présente durant un mois les cinématographies d’Algérie.

Le 7e art algérien est l’un des plus anciens du continent et certainement l’un des plus prolifiques jusqu’aux années 90, qui comme chacun sait, ont réduit à néant toute expression culturelle. Et puis, avec la progressive renaissance du pays, une nouvelle génération de réalisateurs a repris le flambeau. Il suffit de suivre les sélections officielles à Carthage (Journées Cinématographiques de Carthage en Tunisie) comme à Ouagadougou (FESPACO au Burkina Faso) pour mesurer le retour du dynamique cinéma algérien.

A travers une quarantaine de films, c’est un panorama exhaustif de la production cinématographique de l’une de nos destinations privilégiées de cette saison qui nous est dressé, avec des films emblématiques de ses grandes tendances. Depuis ses débuts, ce cinéma a un caractère profondément militant. Né dans le maquis, il a d’abord dénoncé le colonialisme et glorifié le mouvement de libération nationale. Puis, dans les années 70, les thèmes évoqués ont évolués vers des préoccupations plus sociales. Les années 80 virent le sujet de l’émigration prédominer. Les films algériens collent donc de très près à l’histoire du pays, à ses évolutions, à ses souffrances, à ses espoirs. C’est un cinéma qui dans ses années fastes, a été favorisé par l’important réseau de diffusion sur le territoire algérien et était donc «consommé» localement, contrairement au cinéma de la plupart des pays du continent africain dont le manque de salles entrave le développement.

Des animations parallèles vous permettront aussi d’appréhender un peu de l’Algérie et sa culture. De quoi vous donner l’envie d’approfondir en faisant un petit tour à Ghardaïa et à Timimoun!

Nous vous invitons vivement à venir découvrir des films que vous aurez rarement l’occasion de voir, notamment les plus anciens. Un raccourci de l’histoire de l’Algérie.

Cinéma des Variétés, 37 rue Vincent Scotto, 13001 Marseille
-> www.aflam.fr

Ciné Club au Musée Dapper

Le Ciné-Club du Musée Dapper à Paris allie qualité et longévité. Nous évoquons souvent dans La Lettre de Point-Afrique ce haut lieu de la culture africaine, car ses expositions, ses spectacles, ses livres ne cessent de nous ravir. Mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de vous présenter le Ciné-Club, dont la programmation n’est pourtant jamais décevante pour les amateurs de cinématographies subsahariennes.

Il est animé par Catherine Ruelle, fine connaisseuse du cinéma africain. Il n’est pas un réalisateur du continent que cette journaliste de R.F.I ne tutoie, pas le moindre court-métrage qu’elle n’ait visionné, la plupart du temps en avant-première. Elle anime avec simplicité chaque soirée et déploie pour notre plus grand plaisir, toute sa connaissance du cinéma. Les réalisateurs et des membres des équipes de tournage sont généralement présents. Les projections sont programmées en fonction de l’actualité du musée ou de celle de la production africaine du moment.

Ce mois-ci, deux films majeurs seront présentés. Le 29 novembre, «La Vie est belle» du congolais Mwézé Ngangura. Ce film datant de 1987 a la particularité d’être une comédie musicale dont le rôle principal a été confié à l’un des rois de la musique zaïroise, Papa Wemba. La projection aura lieu dans le cadre du week-end thématique consacré à la SAPE (cf. supra).

Changement d’atmosphère le 18 décembre, puisque c’est «Abouna» du tchadien Mahamat Saleh-Haroun qui sera diffusé. Sorti en 2003, ce film est une œuvre émouvante dont la finesse de narration est coutumière de l’un des plus brillants réalisateurs de sa génération. «Abouna» a d’ailleurs été largement récompensé.

Les rendez-vous du Ciné-club ont lieu le vendredi soir, environ tous les quinze jours, et il nous semble qu’ils constituent une façon idéale de commencer le week-end. Alors chaque mois, suivez de très près la programmation du plus africain des ciné-clubs de la capitale!

Musée Dapper, 35 rue Paul Valéry, 75016 Paris
-> www.dapper.com.fr
 

 

L'équipe Point-Afrique.

Point-Afrique Voyages - Le Village 07700 Bidon - Tél. 04 75 97 20 40 - Fax 04 75 97 20 50
contact@point-afrique.com - www.point-afrique.com - Li N°075 000080

Conformément à la loi Informatique et Libertés, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification sur les données vous concernant.
Si vous ne souhaitez plus recevoir cette Lettre, vous pouvez vous désinscrire dans votre Espace Client